Le Nanbudo à Bagneux
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I – Le Nanbudo au sein des Arts Martiaux


A – Se repérer dans le labyrinthe des différents styles

Dans les années 60 seul le judo était vraiment connu. Puis sont apparus d’autres arts martiaux comme le karaté et l’aïkido. A l’aube du XXIe siècle, la palette des disciplines proposées s’est considérablement diversifiée. Dans ce kaléidoscope de disciplines le néophyte a bien du mal à se repérer.

Les Arts martiaux d’origine japonaise et okinawaienne (Ile du sud du japon autrefois indépendantes) se reconnaissent à la syllabe « do » qu’ils ont en commun. « Do » signifie « la voix » dans le sens « le chemin ».

Citons les plus connus : Judo (voix de la souplesse), Aïkido (voix de l’union des énergies), Karaté do (voix de la main vide). Notons que sous l’appellation karaté se regroupent une multitude de styles différents (shotokan, wado ryu, shito ryu, shukokai, kiokushinkai, etc…)

Des arts martiaux de diverses autres provenances font aussi leur chemin : Viet vo dao (vietnamien), Tae kwondo (coréen), Kung fu wu shu (chinois), Tai Chi chuan (chinois), etc.

Le néophyte, pour s’y retrouver, a ses repères : Est-ce un sport d’attaque ou de défense ? Y-a-t-il de la compétition ? Est-ce qu’on donne des coups de pieds et de poings, ou fait-on des mouvements lents tout seul dans le vide (comme le tai chi chuan qu’ils voient dans les jardins publics de Paris…).

Il est évident que chaque style, s’il est bien enseigné, a son intérêt. Cependant, dans ce dossier, nous proposons de démontrer en quoi le Nanbudo est une discipline originale, très complète, adaptable à tous publics et reconnue bien qu’elle ne fasse pas partie des « grands styles » les plus médiatisés et connus du grand public.

Le Nanbudo est l’une des disciplines proposées par la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKDA). Il fait partie de la branche « karaté jutsu » de cette fédération délégataire de l’Etat.



B – Connaître l’étymologie du Nanbudo pour en comprendre l’esprit

« Nanbudo » est la contraction de « Nanbu » et « Budo ».

Yoshinao NANBU est le fondateur de ce style. Le fait qu’il ait donné son nom à sa discipline n’a rien de prétentieux ni d’original dans la tradition asiatique : Le créateur du style de karaté le plus pratiqué en France (Gishin FUNAKOSI) a donné à son école son nom de plume : Le SHOTOKAN

Quand à « Budo » c’est ce qui est traduit en Europe par «Art martial ». La traduction est en fait peu fidèle à l’étymologie japonaise. Il ne s’agit pas en effet d’un « art de la guerre » (Mars : Dieu de la guerre) mais au contraire d’un « art de la paix » : Le « Bu » de « Budo » est un idéogramme (représenté par une flèche barrée) qui peut se traduire par : combat pour l’arrêt des lances (donc des combats). Quant au « Do » de « Budo », il signifie « la voix » (le chemin) comme nous l’avons vu plus haut.

Donc le Nanbudo (ou Nanbu budo) c’est littéralement : « La voix du combat de Nanbu pour l’arrêt des combats » (la paix).

Que cherche aujourd’hui l’homme ou la femme qui franchit la porte d’un dojo? A trouver des réponses aux difficultés de la vie moderne : stress lié à la vie quotidienne et au travail, fatigue nerveuse et physique, sentiment de solitude, anxiété face à une société compétitive et parfois perçue comme violente...

Au travers de la première demande souvent exprimée « apprendre à se défendre en cas d’agression » faut-il entendre agression physique ou réponse à la pression du monde du travail, de l’individualisme, de l’isolement social, de la sélection professionnelle ?

Le Nanbudo entend proposer une réponse très complète à l’ensemble de ces demandes implicites et explicites : apprentissage de techniques de défense efficaces, entretien des capacités physiques et de la santé, détente et plaisir, défoulement, relaxation. Il n’est plus nécessaire de cumuler la pratique de plusieurs styles pour avoir une approche complète de ce que peuvent apporter les disciplines martiales : le Nanbudo est suffisamment diversifié en soi.

L’esprit du Nanbudo c’est l’esquive, au sens propre comme au figuré : esquiver pour préserver son intégrité physique, riposter avec contrôle pour préserver celle de l’autre. Faire de son ennemi un partenaire. Rechercher avant tout l’harmonie. La pratique de l’esquive (latérale ou en absorption arrière) et du contrôle des frappes (on ne touche pas) permet l’engagement total dans l’échange avec l’autre, quel que soit son niveau, son âge, ses capacités, sans aucun risque de blessures, de dommages.

Par ailleurs, l’utilisation de la respiration (apprendre ou réapprendre à placer sa respiration, à la contrôler), la répétition de techniques circulaires, amples et lentes, le travail seul ou avec un partenaire dans une recherche de coopération et non d’opposition sont autant d’outils bénéfiques à l’entretien de la santé et de la forme physique, voir à leur reconquête.

L’homme ou la femme qui franchit la porte d’un dojo en mettant en avant sa peur de la violence de l’autre, nous parle aussi parfois de la peur de sa propre violence. Pratiquer le Nanbudo c’est acquérir contrôle, maitrise de soi et confiance, non en enfouissant cette violence mais en apprenant à la connaître pour la domestiquer.

Citons Deshimaru : « Tout combat, qu’il se situe à l’intérieur ou à l’extérieur de soi, est toujours combat contre soi-même ».
Nous défendons au Nanbudo l’idée qu’un bon « guerrier », même et surtout au sens symbolique du terme, est avant tout un guerrier en bonne santé !


C - Le Nanbudo en pratique
Au Nanbudo, nous utilisons des techniques de frappes de pieds et de poings comme au karaté. Nous pratiquons l’art du balayage comme au judo. Nous faisons des saisies et des projections comme en aïkido. Nous esquivons, comme dans certains styles de karaté, certaines techniques d’aïkido…

Tout ceci est regroupé dans notre pratique sous l’appellation « budo ho ». C’est en quelque sorte la partie dynamique, physique, combat de notre discipline. Cela peut donner lieu à une forme de pratique compétitive, mais il n’y a pas d’obligation de pratiquer la compétition.

Au Nanbudo, nous avons aussi des exercices respiratoires, gymniques, des enchainements lents, des exercices de circulation de l’énergie au travers des méridiens, du travail à deux en coopération (« mains collantes ») etc.…  : comme en yoga, en tai chi chuan, en chi kong…
Tout ceci est regroupé dans la partie « ki do ho » de notre discipline. Cette partie intéresse souvent davantage les adultes que les enfants, les femmes, les seniors… Cependant, il faut se méfier des généralités, et nous enseignons tout dès le plus jeune âge car certains enfants adorent le ki do ho…

Mais le Nanbudo n’est pourtant pas un mélange de karaté, aikido, judo, yoga, tai chi chuan, etc… mais bien une méthode spécifique, unique et très originale. En effet, ces différents aspects de la pratique ne sont pas cloisonnés, rien n’est totalement « yin » ou « yang », tout est dans tout. C’est pourquoi, notre forme de compétition est très particulière, tout comme nos combats d’entrainement : tout est basé sur la coopération avec le partenaire, jamais sur l’opposition. Quelle que soit l’attaque, elle est systématiquement esquivée, voir absorbée. L’attaquant est vécu comme un partenaire et non comme un ennemi. Le maitre mot du Nanbudo est l’harmonie, ou encore la coopération.

Bien entendu, s’il fallait répondre à la question « grand public » soulevée tout à l’heure, le Nanbudo est définitivement dans l’esprit un art de défense et non d’attaque, bien qu’on y apprenne aussi à savoir attaquer puisque dans notre conception du travail à deux, attaquer devient « offrir » son attaque à un partenaire.




II – Les valeurs véhiculées par le Nanbudo

En tant que « Budo » (Art du combat pour l’arrêt des combats), le Nanbudo est porteur de valeurs. Sa pratique demande de la patience et de l’assiduité. Chacun fait en fonction de ses moyens et de son potentiel, mais à tous il est demandé l’essentiel : le goût et le sens de l’effort. L’évolution du pratiquant est formalisée par l’accès à différents grades (matérialisés par des couleurs de ceintures). Pour l’attribution de ces grades le professeur prend en compte trois facteurs : la prestation physique, les connaissances techniques et l’esprit dans lequel la discipline est pratiquée. Les efforts de l’élève tiennent une place centrale dans son évaluation.

Autre valeur essentielle, le respect : le respect de l’autre que l’on salue avant de l’affronter, que l’on aide quand il est moins expérimenté et que l’on écoute quand il est plus ancien.
Le respect des règles est aussi essentiel : on ne discute jamais une décision d’arbitrage par exemple.
Le Nanbudo se pratique dans un esprit de solidarité et de fraternité. Chaque élève porte un kimono et enlève avant l’entrainement ses bijoux. C’est une question de sécurité mais aussi d’égalité : pas de signes distinctifs dans le dojo. Chacun compte pour ce qu’il apporte au groupe quel que soit son niveau social, ses opinions, sa religion… L’esprit d’initiative, la capacité à être force de proposition, la créativité sont encouragés et reconnus.

Le Nanbudo se pratique dans un esprit de club : chacun indépendamment de son grade compte pour une voix : les nombreux événements festifs ou sportifs organisés autour du cours sont pris en charge par tous et toutes : démonstrations, stages de perfectionnement, passages de grades, compétitions, repas festifs. Lors de ces événements, l’esprit d’équipe est entretenu. Chacun est soutenu par l’ensemble du groupe et la réussite ou la victoire d’un seul est fêtée comme la victoire de tous.



III - Le public

Le Nanbudo s’adresse à absolument tous publics. Il est suffisamment complet et diversifié pour pouvoir être proposé à tout âge, aux deux sexes, aux personnes de toutes conditions physiques.

Les enfants, les adolescents et adultes qui le souhaitent pratiquent les formes les plus dynamiques du Nanbudo : balayages spectaculaires, coups de pieds retournés, projections diverses… Ils apprécient tout particulièrement le combat de compétition.

Pour les enfants, le Nanbudo est un moyen de canaliser son énergie, d’apprendre à se concentrer et à respecter des règles mais aussi de développer sa créativité, de prendre des initiatives et des responsabilités, tout cela dans une relation sympathique et chaleureuse avec les adultes professeurs et pratiquants.

Mais le Nanbudo a aussi beaucoup de succès auprès des femmes (et de certains hommes) souhaitant une forme de pratique plus axée sur l’entretien physique. Leur pratique s’oriente davantage vers la recherche de détente nerveuse et physique, de l’amélioration de leur souplesse et de leur tonicité musculaire. La convivialité et le lien social sont aussi des motivations importantes pour ce public.
Le Nanbudo est aussi tout à fait indiqué au public senior. Ces derniers trouvent dans le Nanbudo le moyen de d’entretenir leurs articulations, leur élasticité musculaire, leur équilibre, leur mémoire.

Nos clubs s’ouvrent également à l’accueil de personnes handicapées. Cela va avec l’esprit du Nanbudo qui propose de faire une place à chacun et chacune quelles que soient ses difficultés et ses potentialités.

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